Visite de la Fondation Marmottan à Paris qui renferme la plus importante collection de Monet au monde dont le célèbre Impression, Soleil Levant de 1872. Mais surtout, de fascinants exemplaires de Nymphéas.

 

Parmi elles, cette toile. Une vue plutôt rapprochée du bassin aux nymphéas située dans la propriété du peintre à Giverny. Quoi de plus évident que des végétaux à la surface de l’eau : des nénuphars, une touffe d’herbes et des nuages.

Je peux y voir une composition traditionnelle en peinture à savoir celle qui guide le regard de la surface vers le fond, des plantes vers le ciel.

Mais ici Monet inverse le mouvement. Ce que le spectateur contemple n’est pas seulement un pan de paysage mais son reflet. Bien plus encore, il retourne le tableau. Le ciel n’est plus en haut, il trône en bas – Rupture.

 

Je pense à Baselitz… mais cette série, il l’entame entre 1914 et la fin de sa vie, nous ne sommes pas encore dans les années 60.

Il faudra d’abord attendre les années 50 pour que Greenberg théorise la peinture moderne comme affirmation de la planéité du plan pictural mais pourrait-on le réduire à cela.

C’est fascinant de le constater, dans le contexte, par rapport à son époque. Singularité.

 

G. Baselitz, Orangenesser IV, Huile et détrempe sur toile, 1981,
 146 x 114 cm Pinacothèque, Munich