Murielle Maudet https://www.muriellemaudet.com/ Thu, 28 May 2026 14:16:54 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=7.1.3 https://www.muriellemaudet.com/wp-content/uploads/2026/05/cropped-logo-1-1-32x32.jpg Murielle Maudet https://www.muriellemaudet.com/ 32 32 Parallèle pictural https://www.muriellemaudet.com/parallele-pictural/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=parallele-pictural Sun, 06 Sep 2020 18:13:10 +0000 http://www.muriellemaudet.com/?p=1570 David Hockney, Pool Made with Paper and Blue Ink for Book, from Paper Pools, 1980 Monet, Nymphéas, 1905 Edward Hopper, Rooms by the sea, 1951 Giorgio Chirico, Mystère et mélancolie d’une rue, 1914 William Turner, Light and colour, 1843 Mark Rothko, Orange and yellow, 1956

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David Hockney, Pool Made with Paper and Blue Ink for Book, from Paper Pools, 1980

Monet, Nymphéas, 1905






Edward Hopper, Rooms by the sea, 1951

Giorgio Chirico, Mystère et mélancolie d’une rue, 1914


William Turner, Light and colour, 1843

Mark Rothko, Orange and yellow, 1956

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Le trou dans le paysage https://www.muriellemaudet.com/le-trou-dans-le-paysage/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=le-trou-dans-le-paysage Tue, 17 Jul 2018 15:29:56 +0000 http://www.muriellemaudet.com/?p=958 Le Pont de Narni (1827) de Corot est un paysage élaboré à partir d’une étude réalisée en plein air lors d’un voyage en Ombrie un an plus tôt. On y découvre sur notre droite les ruines du pont d’Auguste, ancien ouvrage romain. Prolongé par une bordée d’arbres, l’ensemble dessine une ligne qui vient séparer en […]

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Le Pont de Narni (1827) de Corot est un paysage élaboré à partir d’une étude réalisée en plein air lors d’un voyage en Ombrie un an plus tôt. On y découvre sur notre droite les ruines du pont d’Auguste, ancien ouvrage romain. Prolongé par une bordée d’arbres, l’ensemble dessine une ligne qui vient séparer en deux espaces l’arrière-plan du premier.  Devant, des bergers gardent un troupeau. Cette frontière invisible semble les écarter du reste du monde d’autant que le chemin sur la gauche ne semble mener nulle part.

 

Chez Nicolas Poussin dans Paysage par temps calme, c’est la rivière qui fait office de limite. Sur une de ses berges, une cité s’offre au regard du spectateur. De l’autre, un pâtre surveille ses bêtes. Deux arbres placés de chaque côté du tableau cadrent et bordent la scène. Le contraste entre un premier plan plutôt sombre et le reste du tableau en pleine lumière renforce cette impression d’un lieu retranché. Tout semble loin, à l’écart. Serions-nous arrivés au terme d’un voyage dans cet environnement calme et paisible qu’aucune tempête ne pourrait venir bouleverser ?

Dans la peinture de paysage, il y a souvent cette manière de disposer les arbres, les rochers ou l’architecture de façon à créer dans la composition un espace qui semble séparé des autres. Les artistes évoqueraient-ils ainsi le locus amoenus ?

Cette expression renvoie à un concept antique utilisé dans la littérature pour évoquer un endroit imaginaire de toute beauté, idyllique. Il signifie littéralement lieu amène. Effectivement, les arbres se tordent pour former une arche qui ouvre sur une scène dans la scène. Notre regard va d’une zone à une autre par le jeu et l’action de cette nature.  Le peintre par cette savante scénographie recrée une portion d’espace, un microcosme au sein d’un paysage plus large. La végétation se fait passage, porte d’entrée. 

Gaspard Dughet,  L’union de Didon et d’Enée 

 

Claude Lorrain dans Paysage avec Persée et l’origine du corail s’inspire du Ninféo Barberini, une peinture découverte en 1627 en creusant les fondations du palais du même nom à Rome. Elle représente une arche rocheuse avec une source, un petit sanctuaire et quelques chèvres.

Cette fresque se rattache aux topiaria hellénistiques – ces peintures de « lieux » typiques qui décoraient aussi les murs des maisons romaines de l’époque d’Auguste. Ici encore l’action se déroule à l’abri du monde.

 

 

* * *

Dans une veine plus romantique, les arbres de John Robert Cozens préfigurent un paysage davantage tourmenté. Le lieu amène vers un territoire beaucoup moins idyllique. L’action se teinte d’une tournure dramatique  comme dans The Lake Of Albano and Castle Gandolfo.

Surtout un sentiment de vide se dégage. Seule la lumière vient habiter l’espace. Dans les toiles représentant des grottes cela devient manifeste : A Cavern in Campagna.

Notons qu’un tableau est une fenêtre ouverte sur un coin de nature, elle s’y retrouve cadrée par des bords. Le monde figuré n’est pas le monde réel mais n’en est pas pour autant son antinomie. Selon Pierre-Henri de Valenciennes dans Éléments de perspective, pratique à l’usage des artistes (1800), le peintre doit chercher l’effet d’ensemble et ne pas représenter ce qu’il a sous les yeux. Il doit au contraire faire le choix de motifs pris dans la réalité à partir desquels il recréera une nature idéale, imaginaire et artificielle.

En y intégrant dans ces peintures de paysages recomposées, des espaces qui creusent eux-même l’espace pictural, les artistes figurent des re-coins, des lieux à part non soumis aux rythmes habituels. Bien plus, ils représentent des trous du monde. C’est particulièrement évident quand les peintres choisissent un thème comme celui des grottes et les cavernes.

* * *

C’est avec Courbet que ce locus amoenus s’affirmera véritablement comme trou au monde. Arbres et rochers absorbent le reste de lumière, l’œil s’engouffre vers le néant. Le visible se perd dans l’opacité de la peinture. Le trou n’est plus au dedans de la nature, en son cœur. Il produit et génère son propre espace qui absorbe ce qui l’entoure.

Axiome 1 : il n’y a plus d’endroit où la clarté pourrait régner – principe de réalité.

« Cela vous étonne que ma toile soit noire ? La nature, sans le soleil, est noire et obscure ;
je fais comme la lumière, j’éclaire les points saillants, et le tableau est fait. »
Phrase de Gustave Courbet recueillie par Max Claudet dans Souvenirs, Gustave Courbet

Courbet chantre du réalisme, en se confrontant au monde, l’englouti dans la matière sombre et sale de sa palette. Représenter l’idéal se fait à la lumière quand montrer le réel s’avère être une tâche aveugle.

Clément Rosset dans Le Réel, Traité de l’idiotie écrit «  Si le sort le plus général du réel est d’échapper au langage, le sort le plus général du langage est de manquer le réel. Il existe une chose indépendante du langage, qu’on appelle la réalité. « 

Elle est l’ailleurs du sujet, une chose à dé-peindre. Qu’est ce que cela veut dire ? La figuration relève d’une a-forme qui bien qu’indéterminée, n’est pas de l’ordre ni de l’indéfini ni de l’informe. D’ailleurs selon Cézanne, Courbet « maçonnait comme un romain ». Il est nécessaire de broyer la forme propre des choses. Y aller à la truelle, au couteau. Manquer le réel c’est donc figurer sans figurer. Désormais il faudra rater ses peintures, c’est-à-dire absolument et profondément être à coté. Pratiquer un art de l’écart, de la fosse, cf. Enterrement à Ornans.

Axiome 2 : Parce que la peinture ça n’a toujours été qu’une histoire de trou finalement de St Thomas à l’Origine du monde.

Mais au fait, que pensiez-vous vraiment perce-voir en regardant un paysage ?

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Monet et les Nymphéas https://www.muriellemaudet.com/monet-nympheas/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=monet-nympheas Sat, 12 May 2018 15:45:48 +0000 http://www.muriellemaudet.com/?p=753 Visite de la Fondation Marmottan à Paris qui renferme la plus importante collection de Monet au monde dont le célèbre Impression, Soleil Levant de 1872. Mais surtout, de fascinants exemplaires de Nymphéas.   Parmi elles, cette toile. Une vue plutôt rapprochée du bassin aux nymphéas située dans la propriété du peintre à Giverny. Quoi de plus […]

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Visite de la Fondation Marmottan à Paris qui renferme la plus importante collection de Monet au monde dont le célèbre Impression, Soleil Levant de 1872. Mais surtout, de fascinants exemplaires de Nymphéas.

 

Parmi elles, cette toile. Une vue plutôt rapprochée du bassin aux nymphéas située dans la propriété du peintre à Giverny. Quoi de plus évident que des végétaux à la surface de l’eau : des nénuphars, une touffe d’herbes et des nuages.

Je peux y voir une composition traditionnelle en peinture à savoir celle qui guide le regard de la surface vers le fond, des plantes vers le ciel.

Mais ici Monet inverse le mouvement. Ce que le spectateur contemple n’est pas seulement un pan de paysage mais son reflet. Bien plus encore, il retourne le tableau. Le ciel n’est plus en haut, il trône en bas – Rupture.

 

Je pense à Baselitz… mais cette série, il l’entame entre 1914 et la fin de sa vie, nous ne sommes pas encore dans les années 60.

Il faudra d’abord attendre les années 50 pour que Greenberg théorise la peinture moderne comme affirmation de la planéité du plan pictural mais pourrait-on le réduire à cela.

C’est fascinant de le constater, dans le contexte, par rapport à son époque. Singularité.

 

G. Baselitz, Orangenesser IV, Huile et détrempe sur toile, 1981,
 146 x 114 cm Pinacothèque, Munich

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Aveugle aux images https://www.muriellemaudet.com/aveugle-aux-images/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=aveugle-aux-images Sun, 03 May 2026 09:29:18 +0000 https://www.muriellemaudet.com/?p=2223 Avec le spatialisme, Lucio fontana ne cherche pas à représenter l’espace mais à le sculpter – et sa forme est un trou. Il pense par le volume. Alors qu’il s’apprêtait à exposer à Paris, c’est la peinture qu’il rencontre en endommageant une toile par accident. Sa lacération ouvre littéralement le lieu de la représentation. Le […]

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Avec le spatialisme, Lucio fontana ne cherche pas à représenter l’espace mais à le sculpter – et sa forme est un trou. Il pense par le volume.

Alors qu’il s’apprêtait à exposer à Paris, c’est la peinture qu’il rencontre en endommageant une toile par accident.

Sa lacération ouvre littéralement le lieu de la représentation. Le spectateur ne contemple plus, il constate. Le seuil vers l’Image et son istoria a disparu.

FAIT

Le trou dit : je suis exactement ce que tu vois

Trou trou trou

Je ne t’ai pas rendu aveugle

Je t’ai rendu aveugle aux images

Pas de scène

Pas de profondeur

Plus d’ailleurs

Tu seras ici dorénavant et maintenant

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L’image dans l’image https://www.muriellemaudet.com/article-image-hopper-fra-angelico/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=article-image-hopper-fra-angelico Thu, 08 Mar 2018 17:51:47 +0000 http://www.muriellemaudet.com/?p=52 L’Annonciation de Fra Angelico peint en  1437 dans le Couvent de San Marco à Florence montre la Vierge recevant la visite de l’archange Gabriel qui vient lui annoncer sa futur maternité divine. Dans cette fresque, par l’utilisation d’une même couleur, le haut de son corps est représenté dans le prolongement du mur et de la […]

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L’Annonciation de Fra Angelico peint en  1437 dans le Couvent de San Marco à Florence montre la Vierge recevant la visite de l’archange Gabriel qui vient lui annoncer sa futur maternité divine.

Dans cette fresque, par l’utilisation d’une même couleur, le haut de son corps est représenté dans le prolongement du mur et de la porte qui se trouvent derrière elle. Un fin liseré permet tout juste de maintenir la distinction. Le ventre, vide et vierge de toutes images, est prêt à recevoir la présence divine. Il agit en creux.

 

Dans Automat peint en 1927 par Edward Hopper, désormais la femme ne reçoit plus personne. Elle est seule, buvant là son café, devant une chaise qui restera définitivement vide. Le mur devient une vitre sombre, un abîme dans lequel la lumière disparait peu à peu.

 

Ce bout de rectangle noir derrière ce personnage devenu écran célèbre lui aussi à sa façon le mystère de l’image.

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Topographie – Travail en cours https://www.muriellemaudet.com/topographie-travail-en-cours/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=topographie-travail-en-cours Tue, 17 Jul 2018 15:51:51 +0000 http://www.muriellemaudet.com/?p=989 Voici quelques recherches graphiques autour de cette question du paysage. Format : 24 x 17 cm Crayons feutres sur papier 2018   —- Topologie – Architecture :  » order_by= »sortorder » order_direction= »ASC » returns= »included » maximum_entity_count= »500″]   Topologie des espaces :  » order_by= »sortorder » order_direction= »ASC » returns= »included » maximum_entity_count= »500″]   Topologie du territoire :  » order_by= »sortorder » order_direction= »ASC » returns= »included » maximum_entity_count= »500″]   Cartographie du […]

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Voici quelques recherches graphiques autour de cette question du paysage.

Format :

  • 24 x 17 cm
  • Crayons feutres sur papier
  • 2018

 

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Topologie – Architecture :

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Topologie des espaces :

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Topologie du territoire :

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Cartographie du territoire :

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Vues d’exposition https://www.muriellemaudet.com/vues-d-exposition/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=vues-d-exposition Mon, 21 Oct 2019 11:12:14 +0000 http://www.muriellemaudet.com/?p=1445 Jérôme TRYSTRAM, directeur du service culture et solidarité de la ville de Magny-les-Hameaux près de Versailles a eu la gentillesse de me proposer une exposition en ce mois d’octobre dans la maison de la famille des « Bonheur ». Cette demeure devenue aujourd’hui un lieu dédié aux expositions d’art contemporain a été habitée par des peintres. Le […]

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Jérôme TRYSTRAM, directeur du service culture et solidarité de la ville de Magny-les-Hameaux près de Versailles a eu la gentillesse de me proposer une exposition en ce mois d’octobre dans la maison de la famille des « Bonheur ».

Cette demeure devenue aujourd’hui un lieu dédié aux expositions d’art contemporain a été habitée par des peintres. Le premier fut Robert Fleury qui d’ailleurs invita Corot. Ce dernier est venu très souvent à Magny pour peindre. En 1858, elle est acquise par Brascassat, peintre animalier et paysagiste notoire à l’époque. Puis dès 1864, elle appartient à Auguste Bonheur, un des frères de Rosa Bonheur dont la carrière artistique fut quelque peu étouffée par celui de sa sœur.

Pour en savoir un peu plus sur cette célèbre peintre que fût Rosa Bonheur, je vous renvoie à une émission de France culture, Une vie, une œuvre par Perrone Kervran.

  • Maison des « Bonheur »
  • 2 Rue Ernest Chausson
  • Magny-les-Hameaux
  • RER B, Station St Rémy-lès-Chevreuse

Voici donc des images de mon exposition :

Ainsi qu’une courte vidéo qui permet de découvrir les deux salles :

Musique pour la vidéo : Lightless Dawn Kevin MacLeod (incompetech.com)
Licensed under Creative Commons: By Attribution 3.0 License
http://creativecommons.org/licenses/by/3.0/

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